mercredi 15 juin 2011

Alexis in Paris - Entrevue avec Sleigh Bells

Thanks to Alexis Krauss from Sleigh Bells for the interview

English Version soon

>>Combien de concerts jusqu’à aujourd’hui?
X: Ouah, je ne sais pas. On a commencé à jouer ensemble en septembre 2009, d’abord avec quelques concerts locaux et ensuite on est partis en studio. Ça a vraiment démarré l’an dernier (2010) au SXSW. C’était en mars et depuis on est sur la route non-stop. Donc une centaine je pense (rires).

Life:
>> Je crois savoir que vous ne formez pas un couple avec Derek… donc vous développez une amitié fille/garçon. Comment peux-tu la décrire ?
X: Non, on n’est pas un couple (rires). C’est platonique. Je pense que ça permet à notre relation d’être extrêmement productive et clean, dans le sens où il n’y a pas de bagage émotionnel. Tu sais, quand on s’est rencontré, on ne se connaissait pas du tout et ça s’est fait uniquement car on avait quelque chose à s’offrir mutuellement au niveau musical et créatif. Notre relation a toujours été basée là-dessus. On a une vision très claire et complètement centrée sur ce qu’on fait avec Sleigh Bells.

>> Tu as toujours vécu à New York ?
X Moi non. Ma famille vient de Brooklyn mais j’ai grandi à 1h30 de là bas, sur la côte, dans le New Jersey. J’ai ensuite bougé à Brooklyn pour mes études, où je vis depuis 6 ou 7 ans maintenant.
Je viens d’une famille « musicale », mon père est musicien professionnel, j’ai donc toujours côtoyé ce milieu, j’ai toujours été entourée de personnes créatives mais j’ai aussi plein d’amis qui n’y connaissent rien en musique !
Mon endroit préféré à Brooklyn c’est dans mon quartier, à Greenpoint. C’est une sorte de parc en front de mer qui est en fait un trou près d’une haie (rires). Mais tu peux t’y poser, boire une bière, juste admirer le paysage et l’horizon qui brille. Une colline assez fabuleuse car complètement dégagée et donc un super endroit en été.

>> Il y a plein de vegan à New York, toi aussi tu l’es ?
X (rires) Non, pas vegan ! J’étais végétarienne pendant 10 ans et je viens juste de recommencer à manger de la viande… à cause St Louis (la ville) et ses BBQ ! Mais c’est compliqué d’être végétarienne quand tu fais des tournées…


Le prochain album:
>> Vous avez un titre? On le sait… (rires) est ce que ça sera avec Beyoncé et Diplo?
X : (rires) Ouais, en fait honnêtement on ne peut pas trop en parler. A propos de Beyoncé : Diplo et Switch qui travaillaient avec elle lui on fait écouter un peu de Sleigh Bells et elle se baladait à écouter certains de nos titres… Evidemment elle est exposée à tellement de musique, et elle enregistre surement 50 chansons pour en retenir finalement 12 pour un album. Donc on ne sait jamais, qui sait… Mais ça semble plus définitif aux yeux des journalistes que ça ne l’est vraiment!
Pour le prochain album, comme beaucoup de travail a été fait, Derek et moi sommes très excités à l’idée de retourner en studio.
>> Vous avez déjà commencé à travailler dessus ?
X: Non car on a été sur la route presque tout le temps. Mais on a enregistré quelques trucs, des démos etc… et on va finir de tourner en août pour y retourner, pour 5 ou 6 mois, histoire de prendre son temps…



>>Est ce que, comme pour vos débuts, Derek s’occupera de la production et toi du chant ?
X: Oui, Derek sera toujours à la production, et surement sans personne d’autre autour, en restant dans un esprit insulaire… Il y aura peut-être d’autres personnes pour enregistrer des guitares… C’est bien sur trop tôt pour s’avancer mais ça restera principalement Derek moi et notre ingénieur du son, Shane Stoneback, déjà présent pour Treats

>> C’est un peu le 3e membre, non?
X: Il est très impliqué. Mais les seules fois où on le voit c’est quand on enregistre. Il a travaillé avec Vampire Weekend et il vient juste de finir avec Cults donc il a été aussi assez occupé.

Sleigh Bells // sound from Foggy Club on Vimeo.


>>Pensez vous qu’on peut parler d’un son typique Sleigh Bells ? Puissant et doux à la fois ? Vous voyez ça évoluer d’une certaine manière ?
X J’aime beaucoup les mots utilisés : puissants et doux et toujours avec une interactivité entre ces deux choses.
On est assez d’accord avec Derek pour définir notre musique comme de la pop. On peut évoquer des mots comme fort, rythmique, lourd (heavy), abrasif, mais tendre aussi, notamment avec la présence vocale féminine.
On va continuer comme ça pour le prochain disque, avec plus de guitare et moins de beat produits, en étant plus sombre, et plus riche avec des arrangements plus complexes.



>> Vous avez tous les deux une certaine expérience du milieu de la musique. Est-ce que ça joue dans votre façon d’envisager l’avenir ?

X Derek et moi avons une vision vraiment commune, on est très exigeants et particuliers notamment quand il s’agit des personnes avec qui on travaille, dans tel label, comment on mène le projet, les idées etc... On est sur la même longueur d’onde vers où on souhaite aller. On veut faire des disques, faire vivre Sleigh Bells tant qu’on pense qu’il est intéressant de le faire. Et on a aussi différents intérêts par rapport à nos individualités. Je sais que Derek aimerait continuer à faire de la production pour d’autres artistes. Pour ma part, j’ai aussi d’autres identités vocales et musicales vers lesquelles j’aimerais me diriger. Mais pour l’instant, la seule chose à laquelle et pour laquelle on pense et on veut penser, c’est Sleigh Bells.



Music Life :
>> Est-ce que tu peux citer ta grosse influence du moment ?
X Je pense à LCD Soundsystem et donc à James Murphy. On a tourné avec eux à l’automne dernier et ils vont bientôt jouer leur dernier concert au Madison Square Garden (02/04/2011). Je ne le manquerai pour rien au monde.
J’aime le fait qu’il fait de la musique qui est, techniquement et musicalement parlant, tellement intelligente. A côté de ça, il est impossible de ne pas danser à leurs concerts.
Je les ai vus des centaines de fois avec un public différent et à chaque fois c’est encore et encore plus fou…


>> Des rêves de collaboration ? James Murphy par exemple ?
X Ouais bien sur, j’aimerais beaucoup faire quelque chose avec lui et je sais que parmi les choses qu’il veut faire après LCD, c’est enregistrer avec d’autres gens, donc peut être qu’un jour je pourrais avoir cette chance. Et… avec Beyoncé ça serait fou si ça se faisait ! (rires). On aimerait également beaucoup tenter quelque chose avec les membres de Fleetwood Mac… donc on verra !

Scène:
>> Est-ce que Sleigh Bells et son public sont en quelque sorte dans un jeu d’affrontement pour savoir qui sera le meilleur ?
X Nous contre la foule dans un combat ? (rires). Je pense qu’on allie nos forces pour créer une « méga armée ». Je ne vois pas vraiment ça comme deux entités opposées car je ne peux pas vraiment jauger mon potentiel sur la scène sans la foule. Donc si on joue devant un public passif et pas très participatif, je peux perdre de l’intérêt dans ma performance. Ce n’est jamais agréable si on donne 150% de nous même et qu’en face il ne se passe rien.

>> Ça arrive parfois ?
X: Evidemment, si par exemple on fait la première partie d’un groupe et que les gens ne sont pas là pour nous voir, on doit tout donner pour tenter de gagner ce public. Quand on fait nos propres concerts, c’est toujours décevant si on ne ressent pas le public. Mais tout le monde peut intérioriser et apprécier la musique différemment et c’est justement assez intéressant de jouer notre musique par ici. On était à Vienne en Autriche il n’y a pas longtemps et sur scène, j’étais contrariée car je voyais plein de gens qui restaient stoïques et qui nous regardaient et semblaient assez troublés. Après le show, j’étais assise au merchandising et ces mêmes personnes sont venus nous voir en nous disant «c’était la meilleure performance qu’on ait jamais vu ! » et je leur ai répondu « mais pourquoi vous n’avez rien fait, pas bougé ! » et eux : « et bien c’est comme ça qu’on apprécie la musique »… donc bon… (Rires)




>> As-tu une « foggy story » à nous raconter ?
X Et bien maintenant qu’on a notre propre tour bus, c’est la première fois qu’on vit tout le temps tous ensembles avec l’équipe de la tournée. Je ne me plains pas hein ! (rires) Mais c’est comme quand tu pisses dans cette boite à sardine qui bouge dans tous les sens. (rires) Et on a pas mal d’anecdotes alcoolisées, comme ceux qui tombent de leur couchette pendant la nuit et tu entends un gros « Boom » et tu vois la personne étalée par terre qui essaie d’aller aux toilettes… Donc oui les conneries du bus sont toujours intéressantes !

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